Si vous envisagez d’acheter une Renault d’occasion, certains moteurs peuvent rapidement transformer votre achat en véritable cauchemar financier. En tant que passionné automobile, je vais vous guider à travers les pièges mécaniques les plus redoutables de la marque au losange pour vous éviter des frais de réparation astronomiques.
Renault a certes produit d’excellents moteurs au fil des années, mais quelques blocs restent tristement célèbres pour leur manque de fiabilité. Voici mon guide complet des motorisations à éviter absolument, basé sur les retours d’expérience de milliers de propriétaires.
| 🔧 Moteur | ⚠️ Problèmes principaux | 📅 Années à éviter | ✅ Recommandation |
|---|---|---|---|
| 1.2 TCe H5Ft | Consommation d’huile excessive (0,5L/1000km), segments pistons défaillants, casse moteur dès 50 000 km | 2012-2016 | À éviter absolument |
| 1.6 dCi R9M | Injecteurs fragiles, casse turbo, vanne EGR qui s’encrasse | 2011-2015 | OK si post-2017 uniquement |
| 2.0 dCi M9R | Joint de culasse fragile, volant bi-masse défaillant, problèmes injecteurs | Avant 2011 | Surveiller l’entretien |
| 0.9 TCe H4Bt | À-coups moteur, fuites liquide refroidissement, dysfonctionnements électroniques | 2013-2016 | Vérifier historique entretien |
Le moteur 1.2 TCe H5Ft : l’erreur à ne pas commettre
Le 1.2 TCe H5Ft représente sans conteste le plus gros échec technique de Renault de ces quinze dernières années. Commercialisé entre 2012 et 2016, ce quatre cylindres essence turbo devait incarner l’avenir du downsizing chez le constructeur français.
La réalité s’est révélée bien différente. Ce moteur souffre d’une consommation d’huile excessive pouvant atteindre 0,5 litre tous les 1000 kilomètres ! Cette anomalie provient d’une conception défaillante des segments de pistons qui n’assurent plus leur étanchéité.
Les problèmes récurrents du 1.2 TCe
Les défauts de ce bloc sont nombreux et coûteux :
- Segments de pistons défaillants dès 30 000 km
- Encrassement rapide des soupapes d’admission
- Chaîne de distribution qui se détend prématurément
- Casse moteur complète possible dès 50 000 km
- Perte de puissance progressive et à-coups moteur
L’UFC-Que Choisir a même lancé une action collective concernant plus de 400 000 véhicules équipés de cette motorisation. Le scandale a pris une telle ampleur que les médias l’ont surnommé le « motorgate » français.
Modèles équipés du 1.2 TCe H5Ft à fuir
Cette motorisation problématique équipe de nombreux modèles populaires :
- Renault Clio IV (2012-2016) : versions 115 et 120 ch
- Renault Captur I (2013-2016) : version 120 ch
- Renault Mégane III et IV (2012-2016) : versions 100, 115, 130 ch
- Renault Scénic III (2012-2016) : versions 115 et 130 ch
- Dacia Duster et Sandero (2012-2016)
- Nissan Juke, Qashqai et Pulsar (2012-2016)
Le 1.6 dCi R9M : un diesel capricieux à surveiller
Le moteur 1.6 dCi R9M, lancé en 2011 pour remplacer le légendaire 1.9 dCi, présente une fiabilité en demi-teinte. Si les versions récentes post-2017 ont bénéficié d’améliorations substantielles, les premiers millésimes accumulent les problèmes.
Ce quatre cylindres de 1 598 cm³ développant entre 95 et 160 ch selon les déclinaisons souffre de plusieurs points faibles chroniques. Les injecteurs se révèlent particulièrement fragiles sur les exemplaires produits jusqu’en 2015, provoquant des à-coups désagréables et nécessitant un remplacement coûteux.
Points de vigilance sur le 1.6 dCi
Les propriétaires rapportent régulièrement ces dysfonctionnements :
- Casse du turbocompresseur, surtout sur les versions 130 et 160 ch
- Encrassement rapide de la vanne EGR en usage urbain
- Fuites d’huile autour du carter de distribution
- Problèmes d’injecteurs vers 100 000 – 150 000 km
- Circuit de refroidissement défaillant
Si vous visez malgré tout un véhicule équipé de cette motorisation, privilégiez impérativement les versions produites après 2017 et vérifiez scrupuleusement l’historique d’entretien. Un entretien rigoureux tous les 10 000 km reste indispensable.
Le 2.0 dCi M9R : solide mais pas infaillible
Le moteur 2.0 dCi M9R jouit d’une réputation globalement positive dans la gamme Renault. Ce bloc de 1 995 cm³ développant entre 130 et 180 ch équipe de nombreux modèles haut de gamme depuis 2005.
Néanmoins, certains défauts récurrents méritent votre attention. Le joint de culasse se révèle fragile sur les exemplaires produits avant 2011, particulièrement sur les versions les plus puissantes. Une défaillance qui peut rapidement coûter plusieurs milliers d’euros.
Les faiblesses du 2.0 dCi
Malgré sa robustesse générale, ce moteur présente quelques points sensibles :
- Joint de culasse fragile sur les versions antérieures à 2011
- Volant moteur bi-masse peu fiable nécessitant un remplacement coûteux
- Problèmes d’injecteurs signalés par de nombreux propriétaires
- Filtre à particules qui se colmate sur usage urbain intensif
- Chaîne de distribution qui peut s’étirer prématurément
Ce moteur équipe notamment la Renault Laguna III, l’Espace IV et V, ainsi que le Koleos. Avec un entretien régulier et une surveillance du système d’injection, il peut néanmoins atteindre les 300 000 kilomètres.
Les petits moteurs essence : des défauts à connaître
Le moteur 0.9 TCe H4Bt : prometteur mais perfectible
Ce trois cylindres turbo essence de 898 cm³ développant 90 ch a séduit par sa sobriété remarquable. Monté sur les Twingo III, Clio IV et Captur, il présente néanmoins quelques défauts de jeunesse.
Les propriétaires rapportent des à-coups à l’accélération, particulièrement gênants en conduite urbaine. Des fuites de liquide de refroidissement apparaissent également sur les premiers millésimes, dues à des colliers de serrage mal dimensionnés.
Les dysfonctionnements électroniques liés à la gestion moteur constituent un autre point d’attention. Bien que moins pénalisants que sur le 1.2 TCe, ces défauts peuvent évoluer vers des pannes plus sérieuses s’ils ne sont pas corrigés rapidement.
Le 1.5 dCi K9K : une légende aux pieds d’argile
Le 1.5 dCi K9K reste le diesel le plus diffusé chez Renault avec plus de 13 millions d’exemplaires produits depuis 2001. Ce quatre cylindres de 1 461 cm³ a forgé la réputation de sobriété de la marque.
Cependant, les versions produites entre 2001 et 2005 souffrent d’un défaut majeur : des coussinets de bielles fragiles. Renault avait supprimé le plomb du revêtement pour des raisons environnementales, fragilisant ces pièces essentielles. Un claquement caractéristique au démarrage signale généralement ce problème.
Modèles Renault particulièrement à risque
Renault Clio IV : séduisante mais piégeuse
La Clio IV reste l’une des citadines les plus populaires du marché français. Malheureusement, les versions équipées du 1.2 TCe posent de sérieux problèmes de fiabilité. La chaîne de distribution se révèle également fragile sur ce modèle.
La boîte automatique EDC6, optionnelle sur certaines finitions, accumule les dysfonctionnements : à-coups, lenteur des passages de rapports, voire blocage complet. Une vidange régulière tous les 60 000 km s’impose pour limiter les risques.
Renault Captur I : un succès commercial aux pieds d’argile
Le premier Captur a révolutionné le segment des petits SUV urbains. Cependant, les versions 1.2 TCe 120 ch et 1.5 dCi d’avant 2015 concentrent de nombreux retours négatifs. L’électronique capricieuse et les transmissions automatiques paresseuses complètent ce tableau peu reluisant.
Renault Scénic III : un monospace décevant
Le Scénic III équipé du 1.6 dCi et de la boîte EDC cumule les défauts : chaîne de distribution bruyante, filtres à particules qui s’encrassent rapidement, et une transmission automatique fragile. L’entretien s’avère coûteux pour une fiabilité incertaine.
Composants annexes à surveiller impérativement
La vanne EGR : un fléau sur les diesels
La vanne EGR (Exhaust Gas Recirculation) constitue le talon d’Achille de tous les moteurs diesel Renault récents. Ce système, conçu pour réduire les émissions de NOx, s’encrasse rapidement sur les trajets courts.
Les conséquences incluent l’allumage du voyant moteur, une baisse de puissance notable, et des calages à répétition. Un nettoyage annuel permet de retarder le remplacement complet, mais reste incontournable sur les moteurs 1.5 et 1.6 dCi.
Le turbocompresseur : fragilité chronique
Les turbocompresseurs Renault se révèlent particulièrement sensibles sur plusieurs motorisations. Une casse du turbo provoque généralement une surconsommation d’huile importante et peut entraîner une destruction complète du moteur.
Les moteurs dCi, notamment les anciens 1.9 et les 1.6 modernes, sont particulièrement concernés. Le coût de remplacement oscille entre 1 500 et 2 500 euros selon les modèles.
La boîte automatique EDC : une technologie perfectible
Les premières boîtes automatiques EDC6 de Renault ont causé de nombreux retours en concession. Cette transmission à double embrayage présente des à-coups, une lenteur exaspérante, voire des blocages complets.
Une maintenance rigoureuse avec vidange tous les 60 000 km améliore sensiblement la longévité. Néanmoins, le coût de réparation peut atteindre 4 000 euros en cas de panne majeure.
Checklist avant l’achat d’une Renault d’occasion
Malgré ces points d’attention, acheter une Renault d’occasion reste possible en prenant quelques précautions essentielles :
- Demandez un rapport d’historique complet (Histovec ou CarVertical)
- Vérifiez scrupuleusement les factures d’entretien, particulièrement pour les moteurs TCe et dCi
- Contrôlez la consommation d’huile sur les blocs essence
- Inspectez le niveau de liquide de refroidissement et recherchez les traces de fuite
- Testez minutieusement la boîte de vitesses, surtout les versions EDC
- Effectuez un diagnostic électronique complet chez un professionnel
Une garantie mécanique peut également sauver votre portefeuille en cas de panne majeure. N’hésitez pas à négocier ce point avec le vendeur.
Les motorisations Renault fiables à privilégier

Heureusement, Renault a également produit d’excellents moteurs qui méritent votre confiance :
- 1.5 dCi post-2015 : fiable si l’entretien est respecté (vidange tous les 10 000 km)
- 1.3 TCe : développé conjointement avec Mercedes, beaucoup plus robuste que le 1.2
- 1.6 essence atmosphérique : simple et increvable sur Clio II et III
- Les moteurs E-Tech hybrides récents montrent des signes encourageants
Ces choix vous permettront de minimiser les risques mécaniques tout en conservant les qualités traditionnelles de la marque française.
Tableau récapitulatif des moteurs à éviter
| Moteur | Type/Années à risque | Problèmes principaux | Recommandation |
|---|---|---|---|
| 1.2 TCe H5Ft | Essence 2012-2018 | Consommation d’huile, casse moteur, chaîne fragile | À éviter absolument |
| 1.6 dCi R9M | Diesel 2011-2015 | Injecteurs fragiles, turbo défaillant, EGR | OK si post-2017 |
| 0.9 TCe H4Bt | Essence 2013-2016 | Joint culasse, chaîne, fuites liquide | Surveiller entretien |
| 2.0 dCi M9R | Diesel avant 2010 | FAP colmaté, coussinets, chaîne étirée | Privilégier post-2015 |
Mon conseil final pour un achat réussi
Renault propose effectivement une gamme très étendue adaptée à tous les besoins et budgets. Cependant, tous les moteurs ne présentent pas la même fiabilité à long terme. Le 1.2 TCe H5Ft reste véritablement à fuir, au même titre que les premières versions du 1.6 dCi ou du 2.0 dCi.
Si vous ciblez un modèle de la période 2010-2016, redoublez de vigilance et pensez à vérifier l’existence de rappels constructeur. Mieux vaut investir 30 minutes dans l’étude d’un carnet d’entretien plutôt que 4 000 euros en réparations moteur quelques mois après l’achat !
L’achat d’une Renault d’occasion peut s’avérer excellent si vous évitez ces quelques pièges mécaniques. En privilégiant les bonnes motorisations et en vérifiant l’historique du véhicule, vous pourrez profiter sereinement des qualités de confort et de praticité qui font la réputation de la marque au losange.


